19 Novembre 2008

Arrivé sur le marché début 2007, le Core 2 Quad Q6600 représente depuis l’offre quad core abordable d’Intel. Il faut toutefois rappeler que le terme abordable était tout relatif au début puisqu’Intel affichait le Q6600 à 851$ à son lancement, contre 999$ pour le QX6700. Ce prix est toutefois descendu rapidement, pour atteindre 530$ en avril et surtout 266$ dès le mois de juillet.
Intel n’a pas cessé de repositionner le prix du Q6600 malgré tout, puisqu’il baissa en avril 2008 pour atteindre 224$ puis en juillet à 193$. La dernière et a priori ultime baisse date de la mi-octobre et l’a positionné au tarif de 183$. A l’heure ou Intel met peu à peu au rebus ces processeurs 65nm, est-ce qu’il y’a un successeur à ce best-seller?
Un Quad, pourquoi faire ?
Il convient de rappeler que tout le monde n’a pas forcément intérêt à investir dans un processeur de type quad core. En effet, pour pouvoir vraiment tirer partie de toute la puissance offerte par un tel processeur, il faut soit utiliser des applications capables de tirer réellement parti de 3 à 4 core, soit faire du multitâche intensif avec des applications n’en étant pas capable.
Aujourd’hui, toutes les applications lourdes de création, que ce soit de l’infographie, de la MAO, mais aussi l’encodage vidéo, sont capables de tirer partie correctement de processeurs quad core et le choix de ces derniers est clairement indiscutable. Parmi les applications dites « lourdes », les jeux vidéo restent malheureusement à la traine. Si l’utilisation de 2 core est maintenant normale, ceux qui tirent réellement partie de 4 core sont peu nombreux.
Parmi ceux-ci, on peut citer Supreme Commander qui sera ravis de disposer de 3 core lors de grosse batailles, mais encore faut-il qu’il en soit de même pour vos adversaires sans quoi vous serez callé sur le moins rapide. Flight Simulator X, s’il n’utilise qu’un seul thread pour son moteur de rendu - ce qui explique des framerate asthmatique toutes options à fond même avec les derniers CPU - profitera des autres core pour le chargement des textures, ce qui peut être un avantage dans certaines scènes en terme de micro-saccades ou de netteté de ces dernières. Far Cry 2 tire pour sa part légèrement partie de la présence d’un 3è core, avec 10 à 20% de gain, mais ce n’est encore qu’une exception dans le domaine des FPS.
Lorsque le budget est limité, étant donné que le quad se paie le double du dual à caractéristiques de cache et de fréquence équivalentes, il convient donc de savoir exactement ce que l’on va faire de son processeur. Bien entendu dans tous les cas un Quad permettra d’en avoir "sous le pied".
Overclocking
Si il n’est pas une priorité pour tout un chacun, l’overclocking est un paramètre qui reste non négligeable. Difficile en effet de cracher sur le gain de performance possible qu’il est possible d’obtenir gratuitement, en modifiant quelques paramètres au sein du bios !
Le Q6600 était passé maitre en la matière, ses caractéristiques initiales aidant. En effet, pour atteindre sa fréquence de 2400 MHz il appliquait un coefficient multiplicateur de 9 à une fréquence de bus de 266 MHz (le signal étant de type QDR, on utilise la dénomination commercial « FSB1066 »). Ce coefficient important fait que même en conservant une vitesse de bus raisonnable de 400 MHz (FSB1600), on obtenait une fréquence de 3.6 GHz. Bien entendu cette fréquence ne fonctionne pas avec tous les processeurs mais les Q6600 on peut raisonnable s’attendre à atteindre les 3.4-3.6 GHz avec une hausse de tension CPU raisonnable.
Avec les Q8200 et Q8300, c’est une autre histoire. En effet, ils fonctionnent avec une fréquence de bus de 333 MHz (FSB1333) à laquelle est appliqué un coefficient de 7 à 7.5. Ainsi, avec un FSB de 450 MHz, on atteint « seulement » 3150 MHz sur Q8200 et 3375 MHz sur Q8300. S’il était simple de monter le FSB notablement plus haut, ce ne serait pas problématique, mais malheureusement il faut à la fois que le processeur et la carte mère le supportent.
Sur une carte mère P5QC ASUSTeK à base de P45, notre Q8300 de test n’a ainsi pas su dépasser les 470 MHz de FSB même en abaissant son coefficient multiplicateur, c’est ce qu’on appelle son « FSB Wall ». En conservant son coefficient à x7.5, nous avons pu le stabiliser à 3.4 GHz via un FSB à 453 MHz, ceci sans augmenter la tension qui est de base à 1.2125v. C’est bien, et du niveau de ce qu’il est possible de faire avec les Q9x00, mais avec un Q9X50 les 3.6-3.8 GHz sont facilement atteignables.
Conclusion
Malgré son âge avancé, le Core 2 Quad Q6600 a encore de beaux restes. Intel peine en effet à le remplacer de manière convaincante, si bien qu’il reste encore présent dans la gamme du fondeur à contrario de beaucoup de CPU 65nm. Toutefois, il est clair que les contraintes ne sont pas techniques mais purement commerciales : à défaut d’être notablement meilleurs, les Q8200/Q8300 sont nettement plus rentables
En résumé, le Q8200 est légèrement plus rapide que le Q6600, mais ceci est lié à un gain notable dans 2 applications compensant des pertes plus faibles dans 7 autres. Le Q8300 offre des performances plus homogènes comparées au Q6600.

Reste qu’au-delà des performances à leur fréquence officielle, l’overclocking n’est pas non plus à négliger. Avec son gros coefficient multiplicateur couplé à l’architecture Core, le Q6600 était parfaitement armé pour cet office, alors que le Q8300 et surtout le Q8200 le sont bien moins. Ce dernier est de fait à éviter pour quiconque est adepte de l’overclocking. Le Q8300 l’est moins, et on obtient des fréquences honorables, même si il est toujours assez frustrant d’être limité par le FSB plus que par le processeur à proprement parlé.
Au final, vous l’aurez compris, malgré divers lancement consécutifs le Q6600 peine à trouver un successeur. Pour le moment, et tant qu’il est disponible, il reste donc toujours un met de choix même si le Q8300, qui est toutefois un peu plus cher, lui oppose des arguments en terme de performances et de consommation. Reste maintenant à espérer que l’arrivée du Phenom II d’AMD permettra de redistribuer les cartes d’un jeu figé depuis maintenant plus d’un an !

